
L'annonce avait fait l'effet d'une bombe début juin, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) certifie que l’usage fréquent et régulier du téléphone mobile, à raison de 30 minutes par jour pendant 10 ans, majorerait de 40 % le risque de cancer. L'impact fut immédiat, des solutions, plus ou moins fiables, sortant de-ci de-là, textoter au lieu de téléphoner, utilisation de l'oreillette, etc. Et les sociétés de téléphones mobiles ont vu leurs ventes chuter en conséquence.
Cependant, le Journal of the National Cancer Institute à publié, ce 27 juillet, les résultats d'une étude démontrant que les risques de cancers prétendument liés n'avaient en réalité aucun lien avec l’usage de téléphones portables.
Les inquiétudes de l'OMS
Si, l'OMS à décider de changer de classe les téléphones portables - pour mémoire ils sont passés de « inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'homme » à « peut-être cancérogènes pour l'homme » - c'est que les suspicions ont été de plus en plus fortes ces dernières années. Le téléphone cellulaire étant une technologie récente, les effets sur la santé n'avaient encore jamais été réellement étudiés, le recul étant trop faible. Cependant, l’étude Interphone présentait un rapport sur 10 ans, et a fortement pesé dans la décision de l'organisation. Son évaluation des risques à long terme de la téléphonie mobile identifie qu'il y a une augmentation proportionnelle des risques de gliome durant une exposition régulière de dix années. Un Gliome est une tumeur du cerveau issue du tissu de soutien (ou glie). Ce type de tumeur est rare, et son pronostic est extrêmement variable. Un risque non négligeable donc.
On notera que le groupe de travail n'a, par contre, pas quantifié le risque et aussi que les téléphones ayant évolué depuis 10 ans, la dangerosité a baissé en proportion, et donc l'étude reste partiellement incomplète.
Comme dans tous les cas médicaux incluant un risque pour l'homme, le principe de précaution est par défaut enclenché, l'OMS a donc augmenté sa notation en conséquence. Décision extrêmement médiatisée, car le portable est devenu un objet du commun, si ce n'est un indispensable pour certains. Nombre de gens dorment d'ailleurs avec sous l'oreiller (votre serviteur compris
)...Une nouvelle étude contredit cette décision

Cette nouvelle étude des chercheurs de l’institut national du cancer des États-Unis porte sur les comportements téléphoniques antérieurs d'un millier de sujets tous âgés de 7 à 19 ans, en plein dans la génération la plus accro au mobile donc. Dans le lot, 352 sont victimes de tumeurs cérébrales, et 646 sont sains.
D'après le rapport, environ 55% des patients et 51% des personnes témoins (non malades) étaient des usagers réguliers des téléphones mobiles. Dans les deux cas, les différences sont minimes et probablement dues au hasard. Notez que pour plus d'un tiers des participants, les chercheurs ont utilisé les données des opérateurs, et non les « souvenirs » des patients sur la fréquence de leur utilisation du téléphone. L'étude a aussi regardé si les jeunes possédant un abonnement de téléphonie mobile depuis longtemps présentaient un risque de tumeur du cerveau plus élevé que les utilisateurs irréguliers.
En réalisant ces statistiques, les auteurs ont pu éliminer tout lien possible entre la fréquence d’exposition et l’apparition de la maladie : les habitués du mobile n’étant pas plus important dans le groupe atteint que dans le groupe sain. De même, et autre inquiétude, l’usage répétitif du téléphone d’un seul côté de la tête ne semblerait pas influer sur le risque de tumeur localisée.
On peut néanmoins reprocher à cette étude le fait que, se basant uniquement sur des jeunes, elle n'a pas prise en compte le fait que ceux-ci textotent beaucoup plus qu'ils ne s’appellent entre eux. Or selon la précédente étude, envoyer un sms au lieu d'appeler réduit de 10 le risque de cancer.
A l'avenir
Les résultats de ces études sont, de toute manière, à relativiser et à ne pas prendre pour argent comptant, d'autres études à encore plus long terme - comme le projet Mobikids, un projet international, qui vise à étudier les risques de tumeurs cérébrales chez les enfants et adolescents par exemple - pourront peut-être permettre enfin de trancher.
De la continuité, des études sur les risques dus aux ondes micro-ondes, ou encore aux antennes téléphoniques sont en cours, l'OMS est loin d'avoir fini de s'interroger sur la question.
En attendant une seule chose à dire aux quelque 4,6 milliards d’utilisateurs de portables : wait and see.
Oxford Journal (Article complet, pour les inscrits)
Mcetv.fr (Article)





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Maxisciences.com (Article)
Tripwolf.com : Cayman Turtle Farm"

